MOYEN AGE - GRANDES INVASIONS

LES FRANCS

 Les invasions des Francs au IIIè siècle

 « Au milieu du IIIè siècle, les Francs ravageaient tout le nor de la Gaule. Les expéditions maritimes se multipliaient, les Francs débarquant aux estuaires et remontant les vallées où ils semaient la terreur, de la Flandre à l’estuaire de la Loire, à la Gironde et sans doute en Espagne. »

 D’après l’historien P. Petit, Histoire générale de l’Empire romain, 1978.

 In Hachette, A monde ouvert. Histoire. Cycle 3 niveau 2, 1996

 Les Francs vus par un Grec

 « Ces Francs ne sont pas des nomades comme le sont souvent les Barbares. Ils usent de l’administration et des lois romaines. (…)

Ils ont des fonctionnaires et des prêtres.

Il semble qu’ils soient assez civilisés et cultivés pour un peuple barbare : ils ne se distinguent des Romains que par leur langue et leurs vêtements. »

 Agathias, Histoire de l’Empereur Justinien (536-582), in Les origines : histoire de France, t. 1, de K.F.Werner, Librairie Arthème Fayard, 1984.

 In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle 3 CM, 1997 

La loi des Francs

 « Si quelqu’un arrache à quelqu’un un pouce de la main ou du pied, il est condamné à une amende de 2 000 deniers qui font 50 sous. Si le pouce continue à pendre, l’amende passe à 1 200 deniers qui font 30 sous.

S’il arrache le deuxième doigt, celui qui sert à tirer la flèche de l’arc, il devra 1 400 deniers qui font 35 sous. »

 In Istra, Multilivre CE2, 1994.

 La loi salique

 « Si quelqu’un vole ou tue un chien de berger, l’amende est de 3 sous.

Si quelqu’un vole un cochon, l’amende est de 17 sous.

Si quelqu’un vole ou tue un esclave, l’amende est de 30 sous.

Si quelqu’un arrache à quelqu’un une main, un pied ou un œil ou lui coupe le nez, l’amende est de 100 sous.

Si quelqu’un coupe l’index de quelqu’un [qui sert à tirer avec un arc], l’amende est de 35 sous.

Si quelqu’un tue un Franc libre, l’amende est de 200 sous.

Si quelqu’un tue un Romain, l’amende est de 100 sous. »

 D’après la loi salique, Vè siècle.

 In Hatier, Histoire, Cycle 3, 2000

 Extraits de la loi des Francs. Vè – VIè siècles

 « Si quelqu’un frappe autrui dans les côtes ou dans le ventre, il paiera 30 sous et pour les soins 5 sous.

Si quelqu’un arrache à autrui une main, un pied, un œil, le nez, 100 sous.

Si quelqu’un arrache à autrui le deuxième doigt, à savoir celui qui sert à tirer à l’arc, 35 sous. »

 In Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997

  LES INVASIONS. TÉMOIGNAGES DES VICTIMES

 Les invasions vues par un évêque

 « Vois avec quelle soudaineté, la mort a pesé sur le monde entier, combien la violence de la guerre a frappé de peuples.

Ni les hautes montagnes, ni l’abri (des remparts) pour les villes (…) n’ont pu échapper aux mains des Barbares. Ce qui n’a pas été dompté par la force l’a été par la famine. (…)

Dans les bourgs, dans les domaines, les campagnes, tout le long des routes, (…) c’est la mort, la souffrance, la destruction, l’incendie, le deuil. »

 D’après Orens (370-439), évêque d’Auch (Gers), cité par J. Le Goff, La civilisation de l’Occident médiéval, Arthaud, 1964.

 In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle 3 CM, 1997

 Les migrations des Barbares

 « Ni la profondeur des épaisses forêts, ni la hauteur des montagnes, ni les tourbillons des fleuves, ni la solidité des forteresses et des remparts, ni les mers, ni la solitude des déserts, ni l’étroitesse des vallées n’ont fait reculer les Barbares. »

 D’après Orientius, poète et probablement évêque d’Auch, Vè siècle.

 In Hatier, Histoire-Géographie CE2, 1999

 Les Barbares vus par un Romain

 « Des peuplades innombrables et très féroces ont occupé l’ensemble des Gaules. Tout le pays (…) est dévasté (…), Mayence, cité jadis illustre, a été prise et saccagée ; dans son église, des milliers d’hommes ont été massacrés.

(…) Les villes encore épargnées sont dépeuplées au-dehors par l’épée, au-dedans par la famine. »

 Lettre de saint Jérôme à Geruchia, Vè siècle.

 In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire, Géo, Ed. civ. Cycle 3 CE2, 1997

 Saint Jérôme décrit la ruée des Barbares sur la Gaule romaine en 406

 « Nous survivons en petit nombre. Des peuples innombrables et très féroces ont occupé l’ensemble des Gaules. Tout le pays qui s’étend entre les Alpes et les Pyrénées, tout ce qui délimite l’Océan et le Rhin est dévasté. Mayence, cité jadis illustre, a été prise et saccagée : dans son église, des milliers d’hommes ont été massacrés…

Les villes si puissantes de Reims, Arras, Amiens, Strasbourg ont vu leurs populations transférées en Germanie.

L’Aquitaine, la Lyonnaise et la Narbonnaise, sauf un petit nombre de villages, sont ravagées. Les villes encore épargnées sont éprouvées au-dehors par l’épée, au-dedans par la famine… »

 In Magnard, Histoire. Une terre, des hommes. Cycle 3, 1998

 Les Huns

 « Ils ont le corps trapu, les membres robustes, la nuque épaisse. Leur carrure les rend effrayants. Les Huns ne se nourrissent que de racines sauvages ou de la chair crue du premier animal venu. Ils n’ont pas d’abri. Ils se couvrent de toiles ou de peaux de rats cousues ensemble. On les dirait cloués sur leurs chevaux… Ils ne mettent pied à terre ni pour manger ni pour boire. Ils dorment inclinés sur le maigre cou de leur monture. »

 D’après Ammien Marcellin, Ivè siècle.

 In Hatier, Histoire-Géographie. Cycle 3 CM1, 1997

  Un Romain décrit les Huns, au Vè siècle

 « Les Huns sont comme cloués sur leurs chevaux. Ils boivent à cheval, mangent à cheval et dorment à cheval, en se baissant sur le cou de la bête. Aucun d’eux ne cultive la terre (…), ils errent de tous côtés, semblant toujours fuir avec leurs chariots (…).

Ils ont le corps trapu, les membres robustes, la nuque épaisse ; leur carrure les rend effrayants… Les Huns ne cuisent ni n’assaisonnent ce qu’ils mangent ; ils ne se nourrissent que de racines sauvages ou de la chair crue du premier animal venu, qu’ils réchauffent quelque temps sur le dos de leur cheval, entre leurs cuisses… » 

Ammien Marcellin, Histoire XXXI.

 In Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997

 La maison brûle

 « La maison brûle, la porte est enfoncée, la colonne cannelée de la villa gît par terre.

Et le féroce soldat hun, avec ses yeux bridés et son teint jaune, toujours à cheval, jamais en repos, galope vers l’ouest depuis sa lointaine Asie. Il a parcouru des milliers de kilomètres et laissé sa Mongolie natale avec ses déserts glacés pour aller toujours plus loin, vers des plaines cultivées, accueillantes et tièdes. Il a pillé, brûlé, tué, chassé aussi pour se nourrir. L’arc et les flèches sont là, derrière la selle et le fouet bien lové dans sa main droite.

La paix romaine est bien finie. Les Barbares arrivent, fuyons ! »

 Alain Decaux (historien). Alain Decaux raconte l’histoire de France aux enfants. Editions Perrin.

 In SEDRAP, A nous le monde ! CE2.

 Témoignage de Sidoine Apollinaire, évêque de Lyon au Vè siècle

 « Je vis au milieu de hordes chevelues. Je dois supporter leur langage germanique et louer les chansons du Burgonde gavé qui s’enduit les cheveux de beurre rance. Heureux tes yeux et tes oreilles, heureux aussi ton nez, toi qui n’a pas à subir l’odeur de l’ail ou de l’oignon infecte que renvoient dès le petit matin dix préparations culinaires ; toi qui n’est pas assailli, avant même le lever du jour, comme si tu étais leur vieux grand-père ou le mari de leur nourrice, par une foule de géants… »

 in Magnard, Histoire. Une terre, des hommes. Cycle 3, 1998

 Lettre de Sidoine Apollinaire

 « Dans les églises, les toits délabrés se sont écroulés […]. On peut voir, ô douleur, les troupeaux non seulement couchés dans les entrées demi-ouvertes, mais paissant l’herbe qui verdit sur le côté des autels. »

 Lettre de Sidoine Apollinaire, écrivain gallo-romain, à un ami évêque, en 475.

 In Hachette, A monde ouvert. Histoire. Cycle 3 niveau 2, 1996

 Les guerriers francs au VIè siècle

 « Les guerriers francs étaient extrêmement adroits au maniement des armes. En dehors de l’épée, du coutelas, du poignard, ils utilisaient la « francisque », la « framée » et l’ »angon ». La première leur servait à commencer le combat ; c’était une hache à manche court, qu’ils jetaient sur l’ennemi en visant la figure. La framée était une lance en bois terminée par une pointe plate en fer. Quant à l’angon, javelot de fer dont la pointe était munie de crochets afin qu’elle pût s’attacher solidement, tantôt ils le lançaient au bout d’une corde et essayaient de tirer à eux celui qu’ils avaient atteint, tantôt, quand ils combattaient de près, ils le fichaient dans le bouclier de l’adversaire et, pesant de tout leur poids sur le bout qui pendait, ils forçaient l’ennemi à se découvrir et à s’offrir sans défense à leurs coups. »

 Grégoire de Tours, 576.

 In SEDRAP, A nous le monde ! CE2.

 CLOVIS

 Le vase de Soissons

 « En arrivant à Soissons, Clovis dit aux soldats : « Je vous prie de bien vouloir me donner ce vase. » A ces mots, les soldats répondirent ; « Glorieux roi, tout ce que nous voyons ici est à toi. » Mais l’un des soldats, jaloux, brandit sa hache et frappa le vase.

Un an s’étant passé, le roi fit rassembler toute sa troupe, chacun devant montrer ses armes bien entretenues. Il arriva devant celui qui avait frappé le vase et lui dit : « Personne n’a d’armes aussi mal tenues que les tiennes. » Et, saisissant sa hache, il la jeta à terre. Le soldat s’inclina pour la ramasser. Alors le roi, levant la sienne à deux mains, la lui enfonça dans le crâne en disant : « Voilà ce que tu as fait au vase de Soissons. »

 D’après Grégoire de Tours, VIè siècle.

 In Hatier, Histoire, Cycle 3, 2000

 Le vase de Soissons

 « En 486, dans les environs de Soissons, Clovis, qui n’était pas encore chrétien, avait pillé une église. Au moment du partage du butin, il réclama pour lui un vase de grande valeur. Mais l’un de ses guerriers s’y opposa et, pris de jalousie, brisa le vase de son épée.

Clovis ne montra rien de sa colère, mais, un an après, alors qu’il passait ses troupes en revue, il s’approcha du briseur de vase et lui dit : « Personne n’a apporté des armes aussi mal tenues que les tiennes ». Et, saisissant la hache de l’homme, il la jeta par terre. Tandis que celui-ci se penchait pour ramasser son arme, le roi lui envoya sa propre hache dans la tête en disant : « C’est ainsi que tu as fait à Soissons avec le vase. » Par cet acte, il inspira une grande crainte à ses hommes. »

 D’après Grégoire de Tours, Histoire des Francs, 573-594.

 In Hachette, A monde ouvert. Histoire. Cycle 3 niveau 2, 1996

 Le vase de Soissons : une histoire célèbre

 « L’armée de Clovis ayant pillé les églises de Soissons, l’évêque de la ville supplia Clovis de lui rendre un vase sacré. Les guerriers, qui avaient l’habitude de se partager le butin par tirage au sort, acceptèrent d’attribuer le vase à Clovis pour qu’il puisse le rendre à l’évêque.

Mais un guerrier refusa cet arrangement et déclara qu’il fallait tout partager comme le voulait la loi des Francs. L’homme était jaloux et irréfléchi. Il leva sa hache et brisa le vase. Clovis ne dit rien et contint sa colère. Mais au bout d’une année il fit défiler tous ses hommes pour inspecteur la propreté de leurs armes.

Il s’approcha du briseur de vase à qui il dit : « Personne n’a apporté des armes aussi mal tenues que les tiennes, car ni ta lance ni ton épée ne sont en bon état. » Et saisissant la hache de l’homme, il la jeta par terre.

Mais tandis que le guerrier s’était incliné pour la ramasser, Clovis le frappa de sa propre hache sur la tête, en disant : « Voilà ce que tu as fait au vase de Soissons. »

 D’après Grégoire de Tours.

 In Istra, Multilivre CE2, 1994.

 Un exemple de la brutalité sous les Mérovingiens : l’épisode du vase de Soissons, raconté par Grégoire de Tours (VIè siècle)

 « Après la prise de Soissons, au moment du partage du butin, Clovis veut rendre un vase à l’évêque de la ville. L’un des soldats, jaloux, brandit sa hache et frappe le vase en disant : « Tu n’auras rien d’autre que ce qui te sera donné par le sort. »

Plus tard, Clovis passe en revue ses troupes. Il s’approche du soldat et lui dit : « Personne n’a d’armes en aussi mauvais état que les tiennes. » Et il jette sa hache à terre. Le soldat se baisse pour la ramasser.

Alors le roi lui enfonce la sienne dans la tête en disant : « Voilà ce que tu as fait au vase de Soissons. »

 In Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997

 La conversion de Clovis

 « La reine Clotilde demandait sans cesse à son mari de se convertir. Mais elle ne parvenait pas à le convaincre. Un jour, la guerre fut déclenchée contre les Alamans. Le conflit dégénéra en un violent massacre et l’armée de Clovis fut sur le point d’être vaincue. Emu jusqu’aux larmes, Clovis s’écria : « Jésus-Christ, je te demande ton aide. Si tu me donnes la victoire, je me ferai baptiser en ton nom. » Au moment même où il disait ces mots, les Alamans commencèrent à prendre la fuite. »

 D’après Grégoire de Tours, VIè siècle.

 In Hatier, Histoire, Cycle 3, 2000

 Le baptême de Clovis

 « Le roi, ayant confessé qu’il reconnaissait un seul Dieu tout-puissant en trois personnes, fut baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et reçut l’onction du saint-chrême[1] avec le signe de la croix. Après lui, plus de trois mille hommes de son armée reçurent aussi le baptême. » 

Grégoire de Tours, Histoire des rois francs.

 In Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle 3 CM, 1997

 Le baptême de Clovis

 « Les rues étaient ombragées de tentures de couleurs, les églises ornées de rideaux blancs et le baptistère est apprêté… Le roi s’avance. Lorsqu’il entre pour le baptême, Remi, le saint de Dieu, l’interpelle :

-   dépose humblement tes colliers. Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré…

Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés. »

 D’après Grégoire de Tours (538-594), Histoire des Francs.

 In Hachette. A monde ouvert. Histoire. Cycle 3 niveau 1, 1995

 Le baptême de Clovis

 « Le baptistère[2] est préparé. Des parfums sont répandus ; des cierges, qui sentent bon, brillent ; tout le temple du baptistère est plein d’une odeur divine. C’est le roi Clovis qui, le premier, demande à être baptisé par l’évêque. Lorsque le roi entre dans la piscine pour le baptême, l’évêque lui parle en ces termes : « Enlève tes colliers ! adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ! »

 D’après Grégoire de Tours.

 In Istra, Multilivre CE2, 1994. 

LES MÉROVINGIENS

 Les rois fainéants

 « Le roi devait se contenter de son titre, de siéger sur son trône, la chevelure et la barbe pendante, de transmettre les ordres qu’on lui avait dictés. Il ne possédait qu’un très petit domaine, avec une maison et quelques serviteurs, peu nombreux. Quand il se déplaçait, il montait dans une voiture attelée à des bœufs. Toutes les décisions étaient prises par le maire du palais. »

 D’après Eginhard, Vie de Charlemagne, IXè siècle.

 In Hatier, Histoire, Cycle 3, 2000

 La bataille de Poitiers (732)

 « Les Arabes franchirent les montagnes du pays basque et s’avancèrent dans le pays des Francs. Mais Charles Martel leur fit front. Pendant sept jours, les deux armées se préparèrent au combat. Ensuite, les Francs massacrèrent les Arabes à coup d’épée. Quand la nuit tomba, le combat prit fin. Le jour suivant, les Francs virent le camp immense des Arabes. Ils observèrent leurs tentes et découvrirent qu’elles étaient toutes vides. En silence, pendant la nuit, leurs adversaires étaient partis. »

 D’après un texte arabe anonyme.

In Hatier, Histoire. Cycle 3, 2000


[1] Huile utilisée ensuite pour le sacre des rois.

[2] Baptistère : lieu de baptême des chrétiens.

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