MOYEN
AGE - PAYSANS
LA SOUMISSION DES PAYSANS
AUX SEIGNEURS Le
sort des paysans « Ils
traînent tant de peine et de douleur. Ils endurent de grands tourments :
la neige, la pluie et le vent, travaillant la terre de leurs mains. » Benoît
de Sainte-Maure, Estoire des ducs de Normandie, XIIè siècle. In
Bordas, Terres d’Histoire. Histoire, Géo., Ed. civ. Cycle3 CE2,
1997 Les
taxes et les corvées « Les
paysans doivent faucher les foins. En août, ils font la moisson du blé.
Ils ne peuvent prendre leur récolte qu’après que le seigneur a pris
sa part. En septembre, ils doivent donner un porc sur huit. En octobre,
ils paient l’impôt. Au début de l’hiver, ils doivent la corvée. A
Pâques, le paysans doit donner des moutons et faire une nouvelle corvée
de labour. Il doit aussi couper les arbres. Quand il va au moulin ou au
four, il doit payer encore. » D’après
la Complainte des vilains de Versons. In Hatier, Histoire. Cycle 3, 2000 Les
charges de paysans lorrains au XIIè siècle « Le
manse[1]
paye vingt deniers en deux termes, dix à Pâques, à la Saint-Martin
dix et un poulet. (…) Au printemps, (le détenteur du lot) labourera
deux arpents (des terres du seigneur) et les sèmera avec la semence du
(seigneur). Il labourera la même surface en juin et en automne. (…)
Celui qui (héritera) d’un manse donnera cinq sous (…). Si
un homme (du seigneur) épouse une femme d’ailleurs, après sa mort,
ses biens seront confisqués par (le seigneur), et le tiers seulement
sera remis à ses enfants et à sa femme. » Origine
du texte non précisée. In
Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle3 CM, 1997 La
protection du seigneur contre la corvée « En échange de la sécurité qu’il procure, le maître exige. […] Des manants vigoureux […], il attend surtout qu’ils contribuent à la défense publique par des travaux manuels, des corvées. Ce sont des paysans qui creusent les fossés, élèvent la motte, coupent et plantent les pieux des palissades. On a calculé que pour édifier un petit fortin, une cinquantaine de manœuvres devaient travailler quarante jours durant. » Georges
Duby, Histoire de France. Le Moyen Age, 1987. In
Hachette, A monde ouvert. Histoire. Cycle 3 niveau 2, 1996 Le
paysan qui rêvait de devenir noble « Le
père : « Mon cher fils, renonce à te rendre à la cour. Ses
habitudes sont pénibles pour ceux qui ne les ont pas pratiquées dès
l’enfance. Cher fils, garde le troupeau ou bien conduis la charrue, je
garderai, moi, le bétail, et cultivons ensemble notre lopin ;
ainsi tu t’en iras un jour, tout comme moi, honnêtement. Je suis
franc et loyal, j’ignore la tromperie ; en outre, je paie chaque
année ma dîme[2].
J’ai vécu sans envie et sans haine. » Le
fils reprit : « Mon cher père, laisse là ces paroles. Je
veux savoir quel goût a la vie des cours. Jamais plus tes sacs ne
chevaucheront mes épaules, je ne veux plus charger de fumier sur la
voiture. Dieu me maudisse si j’attelle encore les bœufs au joug et sème
encore ton avoine. Cela ne conviendrait pas à mes longs cheveux blonds
et bouclés, à mon habit si élégant, ni à mon joli bonnet et aux
colombes de soie que les dames y ont brodé. Non, je ne t’aiderai
jamais aux travaux des champs. » Récit
de la vie de Helmbrecht, jeune fermier allemand, au XIIIè siècle. Traduit
du moyen-haut allemand par A. Moret, Paris, Aubier, 1938. In
Istra, Multilivre, CM1, 1996. LE MOUVEMENT D’AFFRANCHISSEMENT
A PARTIR DU XIIè SIÈCLE Charte
de Lorris-en-Gâtinais (Loiret), confirmée par Philippe-Auguste au XIIè
siècle « Philippe,
par la grâce de Dieu, roi de France, (…) nous accordons que quiconque
aura maison dans ladite paroisse devra acquitter seulement six deniers
de cens [redevance] pour sa maison (…). Personne, ni le roi, ni un
autre, n’imposera aux homme de taille (…). Aucun ne devra la corvée,
excepté une fois l’an pour transporter le vin à Orléans (…).
N’importe qui pourra vendre ses biens à son gré et (…) quitter la
ville… » Recueil
des actes de Philippe-Auguste. In
Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle3 CM, 1997 Un
exemple de défrichement et d’installation de paysans « A
Vaucresson [actuellement dans le département des Hauts-de-Seine près
de Paris], nous avons fondé un village et bâti une église et une
maison, et nous avons fait défricher à la charrue la terre inculte
[…]. Il y a déjà beaucoup d’hôtes et beaucoup d’autres veulent
encore venir […]. Ce lieu, en effet, était comme une caverne de
voleurs car désert sur plus de deux lieues, repaire de brigands et de
vagabonds en raison de la proximité des bois. » Abbé
Suger, abbé de Saint-Denis, charte du 31 mars 1146. In
Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997 UNE VIE DIFFICILE Une
famine en 1033 « Les
saisons devinrent si mauvaises qu’on ne pouvait plus trouver un moment
favorable pour ensemencer les champs et récolter la moisson surtout à
cause des eaux dont la terre était inondée (…). Là où le grain était
le mieux sorti, il ne donnait qu’un sixième de sa mesure (…). Beaucoup
de gens pétrissaient avec ce qui leur restait de farine ou de son une
terre blanche pareille à l’argile et en faisaient des pains (…). Il
y avait trop de morts pour qu’on pût songer à les ensevelir. » Raoul
Glaber (mort vers 1050), Histoire. In
Bordas, Terres d’Histoire. Histoire. Cycle3 CM, 1997 La
grande famine de 1033 en Bourgogne « On
essayait de fuir la mort en déracinant les arbres dans les forêts, en
arrachant l’herbe dans les vallées, mais tout cela ne servait à
rien. On vit alors, grâce aux tortures de la faim, reparaître ces
atrocités si rares dans l’histoire : on vit des hommes se jeter
sur la chair humaine. Beaucoup de gens pétrissaient, avec ce qu’il
leur restait de farine ou de son, une terre blanche, pareille à de
l’argile, et en faisaient des pains pour apaiser les tortures de la
faim. Ces malheureux avaient la figure blême et décharnée… Il y
avait trop de morts pour qu’on pût songer à les ensevelir. Des
troupes de loups, qu’attirait l’odeur des cadavres, accouraient dévorer
leur proie. » D’après
Raoul le Chauve, chroniqueur du Xiè siècle. In
SEDRAP, A nous le monde ! CM1 Trois
temps de la vie des paysans « L’autre
classe est celle des serfs ; cette malheureuse engeance ne possède
rien d’autre qu’au prix de sa peine. Qui pourrait faire le compte
[…] de leurs longues marches, de leurs durs travaux ? Argent, vêtements,
nourriture, les serfs fournissent tout à tout le monde : pas un
homme libre ne pourrait subsister sans eux. » Vers
l’an 1000, l’évêque Adalbéron de Laon décrit la condition misérable
des serfs. In
Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997 « […]
Dans ce village se trouvait la demeure d’un paysan plein aux as
[riche]. Sa maison, entourée d’une clôture, était abondamment
pourvue de tous les biens de la terre, tant en vaches, bœufs et brebis
qu’en lait et œufs, et en produits de toutes sortes ; des poules
et des poulets, il y en avait à revendre. […] A l’intérieur de
l’enclos, poussaient […] mille variétés de petits arbres, tous
chargés de fruits. » La
description de la maison d’un riche paysan dans le Roman de Renart
(XIIè – XIIIè siècles). In
Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997 « […] A dix lieues autour de Paris, personne ne restait aux villages, mais tous fuyaient dans les bonnes villes et, quand ils emportaient quelque chose, vivres ou autres, tout leur était enlevé par les gens d’armes… Et
les pauvres créatures dont les maris étaient aux champs et dont les
enfants mouraient de faim […], vous entendiez dans Paris leurs
piteuses plaintes, petits cris et lamentations et les petits enfants
criaient : « Je meurs de faim »… » Les
malheurs du royaume de France en 1415, d’après un extrait du Journal
d’un bourgeois de Paris. In
Nathan, Gulliver. Histoire. Cycle 3, 1997 |
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