Contenus Outils Programmations Histoire de France Démarches Liens


Le XX° siècle : destruction 
et émancipation de l'homme

Hitler aux côtés de Mussolini

Adolf Hitler en compagnie de Bénito Mussolini, lors d'une visite en Yougoslavie occupée (photo prise entre 1941 et 1943, et issue des collections de l'United States Holocaust Memorial Museum)

 

I) Un siècle meurtrier : 
les deux Guerres mondiales

II) De formidables progrès 
dans une Europe pacifiée

A) La Grande Guerre : la grande cassure A) La 3ème Révolution industrielle
B) La Seconde guerre mondiale : la faillite de la civilisation européenne B) La V° République gaulliste abandonne l'Empire…
C) …et poursuit la construction de l'Europe

Le XX° siècle (1914-19..) : la France dans un monde bouleversé

Un musée virtuel consacré à la Grande Guerre

La guerre de 1914-1918

La grande Guerre en dessins

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 novembre 1918 : l'armistice de la Grande Guerre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I) Un siècle meurtrier : 
les deux Guerres mondiales

A) La Grande Guerre : la grande cassure

 
1) L'exacerbation des nationalismes européens 
2) L'échec des offensives (1914)
3) La guerre de tranchées (1915-1917)
4) L'entrée en guerre des États-Unis et l'offensive finale (1917-1918)
5) Le bilan catastrophique d'une Europe et d'un monde bouleversés

Par son bilan (10 millions de morts), par sa dimension mondiale, par la reconversion de toute l'économie dans la production de guerre, par ses conséquences aussi, le premier conflit mondial apparaît comme une rupture profonde : la fin du XIX° siècle, et le début d'une nouvelle ère à la fois pleine de promesses (l'illusion que cette guerre fut la " der des ders ", les " années folles " du tango, du jazz et du charleston) et de menaces (" Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ", Paul Valéry).

1) L'exacerbation des nationalismes européens
La fin du XIX° siècle et le début du siècle nouveau sont marqués par une aggravation des tensions entre principales puissances européennes. 
Concurrence économique : l'Allemagne devient la seconde puissance industrielle en 1914, derrière les États-Unis, mais devant la Grande-Bretagne et la France. 
Opposition militaire : Londres tente par tous les moyens de ralentir l'effort de construction navale allemand. 
Rivalités coloniales : la France et la Grande-Bretagne ont été au bord de la guerre en 1898, à propos du contrôle du Soudan. La France et l'Allemagne en 1905 et 1911 à propos du Maroc.
Cette montée des impérialismes européens - qui se partagent alors l'Afrique - s'accompagne de discours et d'attitudes nationalistes, parmi lesquelles un effort de réarmement considérable et la conclusion d'alliances. 
A la veille du conflit, la Triple Entente - qui réunit la Grande-Bretagne, la France et la Russie - s'oppose à la Triplice (ou Triple Alliance ), qui associe les deux empires centraux allemand et austro-hongrois à l'Italie. La " poudrière des Balkans " va faire exploser l'Europe. Indépendante, la Serbie tente, avec le soutien russe, d'unifier tous les Slaves du sud, qui se trouvent sous les dominations austro-hongroise et turque. 
Lorsque le 28 juin 1914, un groupe de nationalistes serbes assassine à Sarajevo l'héritier du trône de Vienne, François-Ferdinand, le jeu des alliances conduit inéluctablement à la guerre : l'Autriche déclare la guerre à la Serbie, cette dernière aussitôt soutenue par la Russie, la France décrétant la mobilisation générale le 1er août, à laquelle répond l'entrée en guerre de l'Allemagne le 3, l'invasion de la Belgique, et la riposte militaire britannique.

2) L'échec des offensives (1914)
Même si cette guerre était redoutée par toutes les opinions publiques, particulièrement dans les villes où les journaux à grand tirage touchent tous les milieux sociaux, son déclenchement surprend. Certes, en France par exemple, la guerre est acceptée, soutenue par " l'union sacrée " de toutes les forces politiques, d'autant plus facilement que le grand leader pacifiste, le socialiste Jean Jaurès, a été assassiné le 31 juillet. Mais les départs au front ne se font pas dans l'enthousiasme, " la fleur au fusil ", beaucoup plus avec le sentiment d'un devoir à accomplir. Non pas pour " récupérer l'Alsace et la Lorraine " - souci et discours des seules ligues nationalistes -, mais avec la conviction d'un juste combat, pour répondre à l'agression allemande.

Cette guerre qui explose soudain a été prévue depuis longtemps par les états-majors des deux puissances continentales : leurs plans sont tous les deux offensifs, la victoire doit être acquise très rapidement au terme d'une guerre de mouvement. De fait, la guerre commence ainsi : en conformité avec son plan XVII, le général Joffre jette l'essentiel de ses forces en Lorraine et dans les Ardennes, pour percer et détruire l'armée allemande. Cette dernière, obéissant au plan Schlieffen, envahit la Belgique et le Nord de la France, frôle Paris d'où le gouvernement a fui, pour envelopper l'armée française et tenter de la détruire sur le plateau de Langres. Or ces deux manœuvres connaissent l'échec. Tout de suite en Lorraine pour les Français, qui se replient sur Nancy après de très lourdes pertes. En septembre pour les Allemands, qui sont repoussés sur l'Aisne et en Champagne, après la décisive bataille de la Marne, de l'Ourcq jusqu'à Verdun. 
A la fin de 1914, après une " course à la mer " (vers la Manche) où Allemands et Franco-Britanniques tentent de se déborder mutuellement, un immense front de 600 km de long est en place, de la Belgique jusqu'à la Suisse, Picardie, Champagne et Ardennes étant occupées par les troupes de Guillaume II.

3) La guerre de tranchées (1915-1917)
Dès lors, les deux armées vont s'enterrer pour conserver à tout prix les positions acquises. Les soldats des deux camps apprennent à vivre dans la boue, le manque d'hygiène (les " poilus " ne peuvent se raser), à combattre en tentant de s'emparer de la tranchée d'en face et à mourir sous les grenades, les obus de l'artillerie et les gaz asphyxiants. 
Pour arracher la victoire, dans un conflit qui s'éternise, les deux camps lancent de grandes offensives qui mobilisent des centaines de milliers d'hommes. Mais la puissance du système de fortifications transforme ces tentatives de percées - franco-britannique en Artois en 1915, allemande à Verdun - en immense boucherie : un million de morts dans les deux camps à Verdun entre février et juin 1916.

 Renforts français pendant la bataille de Verdun

Renfort des troupes françaises durant la bataille de Verdun, en 1916

De nouvelles - et inutiles - offensives dans la Somme et en Artois provoquent de véritables mutineries en 1917, auxquelles le général Pétain, nouveau commandant en chef, met fin à la fois par la répression et par une nouvelle stratégie fondée sur la défensive.

4) L'entrée en guerre des États-Unis et l'offensive finale (1917-1918)
Au fur et à mesure que la guerre se prolonge, les États contrôlent de plus en plus tous les domaines de la vie économique (réquisitions, affectation de femmes et d'ouvriers non qualifiés dans les usines, surveillance des prix et des salaires) et sociale. 
Toute l'économie est tournée vers la production de guerre. D'où les tentatives des ennemis de gagner cette guerre économique puisque la victoire est impossible sur le terrain. A partir de 1915, les Franco-Britanniques tentent d'étouffer l'économie allemande par un blocus naval de plus en plus étroit. L'Allemagne répond par une guerre sous-marine à outrance dans l'Atlantique pour asphyxier l'économie britannique. Bénéficiaires d'un commerce fructueux avec l'Entente, leurs navires étant parfois coulés, les États-Unis entrent en guerre en avril 1917.

Devant cette menace, et parce qu'ils remportent une spectaculaire victoire, suivie de la paix, sur le front Est avec la révolution russe d'octobre 1917, les Allemands mettent toutes leurs forces dans d'ultimes offensives à l'ouest, à partir de mars 1918, sur la Somme, en Flandre, au Chemin des Dames et en Champagne. Mais mal nourries, mal relevées, épuisées, les troupes allemandes ne peuvent résister aux armées alliées coordonnées par le général Foch et renforcées par le matériel et les hommes américains, les premiers chars (Renault) et la supériorité sous-marine et aérienne : après une révolution ouvrière à Berlin, le gouvernement de la nouvelle République allemande signe l'armistice de Rethondes le 11 novembre 1918.

5) Le bilan catastrophique d'une Europe et d'un monde bouleversés
Pertes humaines et matérielles : 10 millions de morts, 6 millions d'invalides. La France a été le pays le plus touché, proportionnellement : 1,4 million de tués et de disparus, soit 10% de la population active masculine. 
Cette saignée s'accompagne d'un déficit des naissances. La stagnation démographique française se prolonge, avec un vieillissement de la population qui ne continue de croître qu'avec le recours à l'immigration. Cette dernière participe à la reconstruction d'un pays dont le nord est en ruines : maisons, ponts, routes, usines…

Bilan des morts de la Première Guerre mondiale
 Allemagne
 Russie
 France
 Autriche-
Hongrie
 Angleterre
 1 900 000
 1 700 000
 1 400 000
 1 000 000
 760 000

Perte de prestige des Européens dans les colonies et dans le monde : la guerre a été mondiale, elle s'est étendue en Afrique où les franco-britanniques se sont emparés des colonies allemandes, en Extrême-Orient où les Japonais ont fait de même dans les Mariannes et en Nouvelle-Guinée. 
Les colonies ont fourni des vivres, des matières premières, " tirailleurs sénégalais " et " zouaves marocains ", souvent engagés dans les combats de première ligne, comme en témoignent les cimetières militaires de l'Ourcq.
Au lendemain de la guerre, les peuples colonisés ne croient plus à ce qu'on leur inculquait - la supériorité naturelle de la métropole - et réclament une amélioration de leur sort. A ce premier déclin de l'influence européenne dans les colonies s'ajoute l'expansion des États-Unis, les plus grands bénéficiaires de la guerre, et du Japon, dont les capitaux se placent désormais à Londres et à Paris.

Bouleversements sociaux : les clivages sociaux s'accentuent avec l'enrichissement des " marchands de canons " et l'appauvrissement des petits rentiers, des retraités et des salariés touchés par l'inflation. 
Les femmes ont acquis une place nouvelle dans la société, en s'étant rendues indispensables pendant toute la guerre, dans les champs, dans les usines, dans les bureaux, dans les écoles (pour compenser la perte de très nombreux instituteurs)… Le féminisme progresse, la mode évolue (la " garçonne " en cheveux courts), le droit de vote est accordé en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux États-Unis, en Russie (mais pas en France).


L'Allemagne punie

Apparente victoire de la démocratie… Quatre empires autoritaires se sont écroulés, ce qui transforme profondément la carte de l'Europe, redessinée par les traités de paix de 1919 : l'empire du tsar - devenu la Russie communiste -, l'empire ottoman réduit à l'actuelle Turquie, l'empire austro-hongrois démantelé - avec la naissance d'une minuscule Autriche et d'une Hongrie, d'une Tchécoslovaquie, d'une Yougoslavie indépendantes -, enfin le Reich allemand, que le traité de Versailles diminue sur le plan territorial, coupe en deux par le " couloir de Dantzig ", démilitarise, confisque les colonies, surveille, condamne à de lourdes réparations et rend seul responsable du conflit.
Tous ces États adoptent des régimes parlementaires, mais la démocratie ne résiste pas à l'installation rapide de régimes autoritaires dans toute l'Europe centrale et orientale (à l'exception de la Tchécoslovaquie), ainsi qu'en Russie communiste. 
En Allemagne, elle est contestée à la fois par l'extrême gauche communiste et par l'extrême droite, dont le parti national-socialiste de l'ancien combattant Adolphe Hitler, qui tente de prendre le pouvoir en Bavière par un putsch, en 1923. En prison, il rédige Mein Kampf, dans lequel il promet le rejet du traité de Versailles, la naissance d'un nouveau Reich pourvu d'un " espace vital " à l'Est et débarrassé des " races inférieures ", à commencer par les Juifs.