Après la préhistoire, cinq périodes historiques
se succèdent. Conventionnellement, c'est l'invention de l'écriture en Mésopotamie et en
Égypte, vers 3300
avant JC, qui marque l'entrée dans l'histoire.
La préhistoire :
Les points forts :
1)
Les premières traces de vie humaine
La recherche a tendance à
faire remonter de plus en plus loin les origines de l’homme, avec
beaucoup d’incertitudes et d’hypothèses. Après Lucy (- 3 millions
d’années / Yves Coppens / Afrique orientale – Ethiopie), la découverte
de Toumaï, au Tchad, repousse l’origine des hominidés à –7
millions d’années (pour son découvreur Michel Brunet, c'est l'ancêtre
commun des chimpanzés, bonobos, gorilles et hommes…) Importance
du foyer africain de l’hominisation, avec une humanité qui se
disperse ensuite en Europe, en Asie et dans le reste du monde. Plus
anciennes traces de l’homme en Europe sous la forme de l’homo
erectus – homme de Tautavel, en France). Ce dernier ne connaît
pas le feu, mais son invention (- 600 000 selon les documents d'application)
est fondamentale pour l’espèce humaine.
L’homme de Neandertal (-
130 000) est le premier à enterrer ses morts, avec des offrandes, des
parures.
L’homme moderne, qui
cohabite pendant un temps avec l’homme de Neandertal,
est l’homo sapiens (l'homme de Cro-Magnon), notre ancêtre
direct. Grand, doté d’une forte capacité crânienne, il met au
point, dans la dernière période, une véritable industrie osseuse :
harpons, hameçons, pointes de sagaie, aiguilles à chas et de nouvelles
techniques de taille de la pierre (débitage en série de lames de
silex) et de chasse (invention de l'arc et des flèches, ainsi que du
propulseur).
2)
La maîtrise du fer et les débuts de l’agriculture
La maîtrise du fer renvoie
à l’âge des métaux, à la découverte du cuivre, du bronze, puis du
fer, qui succède chronologiquement au néolithique. Les peuples celtes
maîtrisent la technologie du fer.
Le néolithique, qui apparaît au Proche-Orient au IX° millénaire
avant J.C., est marqué par une combinaison de l’agriculture et de
l’élevage avec la sédentarisation, qui a souvent préexisté. Les
hommes sont progressivement devenus producteurs de céréales et de
viande, de lait, de laine ; ils sont capables de stocker leur nourriture
dans de la poterie (une innovation technique caractéristique de cette période).
Du coup, les clans et les tribus peuvent se fixer dans des villages. La
chasse et la pêche sont cependant encore longtemps utilisées parallèlement
à la culture et à l'élevage.

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La néolithisation au Proche-Orient et en Europe (8000 à 2600
avt J.C.) |
Par propagation, la néolithisation atteint l’Europe vers 6500 ans avt
J.C. La constitution de réserves à protéger, d’excédents
alimentaires à gérer et à distribuer font apparaître guerriers et
fonctionnaires, sous l’autorité d’hommes qui ne sont plus occupés
à la production matérielle : rois et prêtres. Cette hiérarchisation
sociale, avec l’apparition des inégalités sociales et de la guerre,
s’exprime dans l’apparition d’administrations et de véritables
Etats, d’abord aux dimensions d’une ville, comme dans les cités-Etats
de Mésopotamie.
3)
L’apparition de l’art
C’est au paléolithique
supérieur, à l’époque de Cro-Magnon, qu’apparaît et que se
manifeste somptueusement l’art : vers –31000 pour la grotte
Chauvet (Ardèche), -15000 pour Lascaux (Dordogne). Art pariétal : représentations
de chevaux, taureaux, cerfs, bœufs, animaux chassés par les hommes à
Lascaux, avec en plus des pingouins dans la grotte Cosquer (calanques de
Marseille – entre 27 000 et 19 000 ans avant J.C.), représentations
d’animaux dangereux tels que ours, lions, rhinocéros comme dans la
grotte Chauvet.
Diverses théories existent
pour interpréter ces représentations, les documents d'application
privilégiant l'apparition d'un univers symbolique : "le
créateur réfugié au fond de la grotte cherche par la représentation
imagée à préserver son groupe des menaces des puissances maléfiques".
Il n'existe peut-être pas d’interprétation globale, chaque
grotte ayant une originalité liée à sa région...
L’homo sapiens sapiens
modèle aussi des sculptures, des petites statuettes féminines en
ivoire (symbolisant sans doute la fécondité par l'ampleur des seins et
du ventre). par exemple la Vénus de Willendorf, vers 25 000 avant
J.-C.
Au néolithique, l’art
s’exprime sous la forme des peintures et gravures rupestres, sur des
pierres, des falaises, souvent en plein air (Vallée des Merveilles dans
le Mercantour), des représentations figurées d’animaux, souvent
domestiqués, mais également sur de nouveaux supports, comme la céramique.
Les mégalithes (fin V° millénaire avt J.C.) peuvent aussi
apparaître comme une première manifestation d’une architecture
monumentale.
Au
niveau des compétences, insistance
des programmes sur le travail fait auprès des élèves sur les traces,
l’archéologie, les vestiges fossiles, les outils, les représentations
pariétales et sculptées, sur le métier de préhistorien…
L'Antiquité : cette période, la plus longue de
l'histoire, s'étend jusqu'à la fin de l’Empire romain d’Occident, vers
500 (476)
(il subsiste un Empire romain d’Orient,
grec-orthodoxe, jusqu'à la prise de Constantinople en 1453 par les
Turcs Ottomans) : la fin de l'Antiquité coïncide avec le début des royaumes barbares d’Occident.
3 points au programme :
1) Les Celtes (Gaulois) : pas les « ancêtres des Français » !
Cf les « populations premières » (autrement dit les hommes
préhistoriques du néolithique) des programmes de 2002
- des immigrés d’origine indo-européenne, qui peuplent toute l’Europe, jusqu’en
Turquie !

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Originaires d'Europe
centrale, les Celtes, grâce à leur maîtrise du fer, peuvent
imposer leur domination dans une grande partie de l'Europe, et
jusqu'en Turquie (où ils sont appelés Galates). |
Supériorité des Celtes sur populations autochtones grâce à la maîtrise du fer,
aboutissant à leur domination sur la plus grande partie de l'Europe…
. Une véritable civilisation, malgré le qualificatif de « barbares » que leur donnent les auteurs classiques romains (notamment après les incursions de Celtes jusqu’à Rome, en 390…)
- à dominante rurale (agriculteurs et éleveurs, terres productives, largement cultivées,
exemple de la moissonneuse gauloise, du tonneau)
- qui connaît la ville néanmoins, sous la forme de villes fortifiées, les oppida (oppidum), de véritables agglomérations
avec parfois plusieurs milliers d’habitants, avec des sanctuaires importants (grand sanctuaire découvert au sud
de Clermont-Ferrand, peut-être le site de Gergovie, la capitale arverne) (Bibracte pour les
Éduens)
- qui connaît l’écriture (calendrier gaulois, alphabet grec, romain, ibère, mais pas de texte historique...
Le premier texte rendant compte de l'histoire des Gaulois : la Guerre des Gaule de
Jules César, qui précise que l’usage de l’écriture est réservé aux druides). L’écriture sert à dresser des comptes, à tenir des registres publics et privés, des contrats, des traités, ce qui suggère, avec la circulation de monnaie d’or et d’argent, l’existence d’une
administration…
- qui connaît l’art : orfèvres, invention des torques en or…

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Le talent des
artisans gaulois : exemples de bijoux
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Le calendrier gaulois
de Coligny : un exemple d'écriture gauloise, utilisant les
caractères latins |
. Une société antique, divisée entre hommes libres et esclaves, la grande majorité des paysans, des commerçants et des artisans libres étant elle-même dominée par la classe des aristocrates guerriers, et celle des druides, dont certains sont des aristocrates…
Des sociétés celtes insérées dans les courants d'échange
européens, en lien avec le monde grec et romain, avec une population nombreuse
: l’aristocratie s’enrichit en contrôlant le commerce des marchandises (ambre, sel, bronze, vin, métaux, esclaves…) Vercingétorix est le descendant d’une famille aristocratique…
. Des peuples unis par la même langue, les mêmes modes de vie (les braies, la
cape plutôt que la toge), les mêmes traditions religieuses, mais divisés, souvent en conflit, sans unité politique autre que des fédérations, et donc vulnérables… (En aucun cas, la Gaule n’est l’ancêtre de la France : c’est Jules César qui construit un espace politique, celui de ses conquêtes, auquel il donne le nom de Gaule, avec comme frontière orientale le Rhin…)
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Une
soixantaine de tribus gauloises occupent le territoire de
l'Hexagone, occupant pour les plus petites un département actuel,
2 ou 3 pour les plus importantes. Des liens pouvaient se nouer
entre plusieurs tribus, sous la forme de fédérations lâches.
Certaines choisissaient des alliances avec d'autres peuples, comme
les Eduéens alliés des Romains. Avant la conquête romaine,
aucune unité politique n'existe en Gaule. |
2) La romanisation de la Gaule :
Proximité de l’Italie romaine (conquête de la Provence =
Narbonnaise, dès 121 avt J.C.), guerre de conquête de César (un
général, pas empereur…)
- 52 avant JC, 1ère date repère du programme : Vercingétorix est battu par
Jules César à Alésia, la Gaule celtique a vécu : début de la
colonisation romaine de toute la Gaule et du processus d'acculturation
qui va déboucher sur une nouvelle société, gallo-romaine…
Pourquoi ?
- conquête coloniale / volonté de domination, et en particulier d’un homme, César, qui souhaite se constituer un trésor de guerre / civilisation romaine « supérieure » (sacrifices humains gaulois méprisés par les auteurs romains…)
- volonté d’intégration des élites gauloises dans la société romaine : perspectives d’ascension sociale (l’empereur Claude est né à Lyon...)
Ces perspectives de carrières, de promotion au sein de l'Empire sont
renforcées quand tous les habitants de cet immense ensemble acquièrent
la citoyenneté romaine par l'édit de Caracalla (212).
Comment se déroule le processus de romanisation ?
- tout d'abord par la violence de la conquête et de la répression des
résistances gauloises : des centaines de milliers de morts, interdiction du druidisme...
mais pour l’essentiel, la romanisation est un processus pacifique, lent, progressif…
- le syncrétisme religieux : la confusion des divinités gauloises et romaines
(Sucellus, dieu au maillet typiquement gaulois, prend l'aspect du Jupiter
romain)
- l’accès à la citoyenneté romaine, d’abord pour les élites urbaines,
les élus municipaux, puis à tous (cf Édit de Caracalla)
- les coutumes (dont l’amour du vin : la vigne, « le plus durable des monuments romains en France », la tenue, la langue latine
- la célébration du culte d’Auguste et de Rome, à Lyon, capitale des
Trois Gaules sous Auguste, à partir de laquelle rayonne un important réseau routier : le culte impérial est un puissant vecteur d’intégration

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La Maison
carrée de Nîmes : temple d'Auguste, lieu du culte impérial... |
- l’intégration administrative des provinces gauloises dans l’empire romain
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Soumise aux Romains,
la Gaule est divisée en plusieurs provinces intégrées à
l'Empire. Les anciens oppida sont abandonnés, au profit de
nouvelles cités, reliées entre elles par un réseau efficace de
routes. |
- le modèle urbain : l’urbanisme, à partir de véritables colonies de peuplement romaines, avec le centre politique, religieux et commercial du forum, de grands
monuments (amphithéâtres, thermes, cirques, bibliothèques...), une administration municipale calquée sur le modèle romain.
Ce modèle urbain promeut un idéal du loisir - par opposition au
travail servile -, destiné à la culture personnelle, modèle d'origine
aristocratique, mais diffusé vers le peuple par le système du
patronage, un riche patron s'entourant pour ses activités quotidiennes
d'hommes libres de condition inférieure mais dévoués
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- la christianisation
3) la christianisation du monde gallo- romain :
. d’une société polythéiste à une société monothéiste
Le christianisme, originaire de Palestine, s'introduit en Gaule de la côte méditerranéenne par la vallée du Rhône : persécution des premiers chrétiens de Lyon (177), qui refusent le culte impérial, au nom de l’exclusivité de leur religion (c’était se dissocier du culte civique, se mettre au ban de l’Empire)
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Né en Palestine au
premier siècle après JC, le christianisme se diffuse dans
l'ensemble de l'Empire romain, et particulièrement en Gaule, en
"remontant" la vallée du Rhône. |
. d'une religion persécutée à la religion
officielle, par étapes :
- la conversion et l’édit de tolérance de Milan de Constantin (313),
premier empereur romain à embrasser la religion chrétienne sur son lit
de mort... Son édit autorise les Chrétiens à pratiquer leur culte,
comme de nombreux adeptes d'autres religions présentes dans l'Empire
- le christianisme est proclamé religion officielle par l'empereur Théodose
(380) : destruction des temples païens, persécution chrétienne des cultes païens, interdiction des
Jeux Olympiques, contraires à la décence chrétienne… Le christianisme devient religion d’État, d’où sa diffusion décisive au IV° siècle
. diffusion du christianisme et de l’Église, lente en Gaule : une demi-douzaine d’évêques au milieu du III° siècle ; il faut attendre le grand évangélisateur du pays, St Martin, au IV° siècle,
qui fonde le premier monastère en Gaule, pour que le christianisme s’implante solidement dans les campagnes, que St Martin évangélise constamment, en détruisant temps et idoles païens… 300 communes portent
aujourd'hui son nom…

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Saint Martin partageant
sa cape avec un pauvre : une iconographie traditionnelle qui
traverse tout le Moyen Age, et au-delà... Ici, la
représentation de Simone Martini, au XIV° siècle |
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