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B) ... à la France conquérante
et coloniale
1) La " mission civilisatrice " de l'homme blanc Éloignés du " premier empire ", peu mobiles, les Français ont longtemps été indifférents à l'expansion coloniale, qui demeure d'ailleurs mesurée jusqu'au Second Empire. Charles X conquiert Alger, et la Monarchie de Juillet le reste de l'Algérie, où ne cessent d'arriver des colons européens. Napoléon III étend l'influence française en Asie (colonie de Cochinchine, protectorat sur le Cambodge), en Océanie (Nouvelle-Calédonie), en Afrique (mise en valeur du Sénégal), tout en soutenant le percement du canal de Suez par Ferdinand de Lesseps.
La constitution du deuxième empire de la planète
est surtout l'uvre de la III° République, où
s'impose un "parti colonial" qui réussit à
intéresser les Français à la conquête.
Richesses naturelles, comme le caoutchouc indochinois, indispensables
à l'industrie, explorations décrites dans les journaux,
concurrence anglaise ou allemande à relever, préoccupations
missionnaires, ces arguments soutiennent la colonisation en Asie
et en Afrique, avec la foi en une " mission civilisatrice
de l'homme blanc ", d'autant plus forte que ce Blanc est
français et héritier des valeurs universelles de
liberté et d'égalité.
Persuadé que " les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures
" (lire
son discours), Jules Ferry est ainsi un grand colonisateur,
autant qu'un défenseur de l'instruction publique, au nom
des mêmes valeurs de progrès et de raison. Peu après
l'intervention de la France en Tunisie (1881), Jules Ferry impose
un protectorat à l'Annam et au Tonkin. A la fin du siècle,
c'est toute l'Indochine qui est sous la coupe de Paris. En Afrique
noire, la France soumet à partir de 1875 (explorations
de Savorgnan de Brazza) les territoires d'Afrique équatoriale,
puis plus tard ceux d'Afrique occidentale autour du golfe de
Guinée, avant d'annexer Madagascar et d'imposer un protectorat
au Maroc en 1912. 2) L'exploitation et la domination
coloniale
D'autant plus que l'argument humanitaire
(l'interdiction des sacrifices humains au Dahomey, sous le dernier
roi Béhanzin par exemple) s'accompagne d'atrocités
dans la conquête, d'une sujétion de peuples entiers
et de la déstructuration des sociétés traditionnelles,
qui découvrent en quelques années la modernité,
l'introduction de la monnaie, l'urbanisation et l'exode rural
(avec les premiers bidonvilles dès le début du
siècle). |
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