Louis XIV (1643-1715) et la monarchie
absolue
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La société française
et l'art classique
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C)
Au XVII° siècle, une pensée classique
au service
du souverain
Dans la deuxième moitié du XVII° siècle,
alors qu'il dirige personnellement l'État après la mort
de Mazarin en 1661, Louis XIV a triomphé des révoltes nobiliaires et
parlementaires de la Fronde et gouverne le royaume le plus riche
et le plus peuplé d'Europe (Russie exceptée), avec
18 millions d'habitants.
Souverain absolu tenant son pouvoir
de Dieu seul, le Roi-Soleil entend imposer sa suprématie
à ses sujets ainsi qu'à toute l'Europe. Il y parviendra
moins par ses armées que par l'éclosion et la diffusion
dans toute l'Europe d'une langue et d'un art spécifiquement
français empreint de mesure, de symétrie et de
majesté : le classicisme.
Un art et une architecture au service du prince
De Madrid jusqu'à Saint
Pétersbourg, en passant par Vienne et Berlin, le modèle
du château de Versailles se répand, jusqu'au cur
du XVIII° siècle, dans une même glorification
du prince bâtisseur et au travers d'une architecture qui
met en scène l'équilibre et la grandeur du prince.
Nourri de l'imitation de l'Antiquité et de la nature,
codifié par le respect de règles strictes (celles
des trois unités pour le théâtre ; de l'opposition
rigoureuse entre lignes verticales et horizontales pour la peinture),
contrôlées par des Académies royales, le
classicisme imprègne d'abord la littérature (avec
Corneille, puis Racine, La Fontaine, Bossuet, évêque
de Meaux), avant de toucher les beaux-arts (Poussin, Le Brun),
l'architecture (Mansart, Le Vau) et l'art des jardins (Le Nôtre).
La plupart de ces grands artistes, dont l'uvre va influencer
durablement toute la culture européenne, sont encouragés,
pensionnés par le Roi-Soleil (comme Molière,
qui le lui rend bien ), associés à l'érection
du château de Versailles,
enrôlés dans la propagande royale (à l'exception
notable de La Fontaine).
L'esthétique classique, toute
de clarté, de rigueur, de mesure contrôlée
par la raison, accompagne parfaitement la prétention du
roi à garantir l'ordre et l'harmonie du monde.
Les chefs d'uvre artistiques et littéraires classiques
vont incarner le Beau pour tout le XVIII° siècle,
qui par d'autres aspects, apparaît en totale rupture avec
"le siècle de Louis XIV " (Voltaire).
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