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C)
La famine
La peste et les autres épidémies sont d'autant
plus mortelles qu'elles atteignent une population parfois très
mal nourrie, affaiblie.
En effet, au début du XIV°
siècle, l'Occident chrétien est un " monde
plein ". L'assèchement des marais, les défrichements
ont atteint leurs limites, tout comme les rendements
agricoles. Les campagnes ne parviennent plus à nourrir
une population devenue trop nombreuse. Avant même le déclenchement
de la guerre de Cent Ans, avant même la Peste Noire, une
grande famine, très meurtrière, touche la Flandre
et le nord de la France, en 1317.
Les combats et les épidémies
aggravent la crise des campagnes. Révoltés contre
l'incompétence des chevaliers et les impôts du roi,
les paysans de l'lle de France se soulèvent en 1358 (à
Meaux en particulier), en s'en prenant aux châteaux de
cette noblesse qui a failli devant les Anglais et qui est incapable
d'assurer sa mission de protection : cette jacquerie laissera
son nom à toutes les émeutes paysannes des Temps
modernes.

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Embuscade
de paysans contre un chevalier, pendant la guerre de Cent Ans |
Les campagnes sont dépeuplées, mais on meurt toujours
de faim : on manque de bras, pas de terres. Les intempéries
s'en mêlent : l'hiver 1480-1481 est particulièrement
long et rigoureux. Il s'accompagne d'une famine généralisée
dans tout le royaume.
C'est seulement dans la deuxième moitié du XV°
siècle qu'un redressement démographique s'amorce,
vigoureux et durable. La population triple entre 1470 et le milieu
du XVI° siècle. La France retrouve son niveau démographique
de l'époque de Saint Louis, trois siècles auparavant... |