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C)
Les princes territoriaux s'affirment, et parmi eux, les Capétiens
Entre 843 et 987 (Hugues Capet),
le pouvoir royal s'affaiblit considérablement. Les comtes
revendiquent de plus en plus l'honneur (et l'intérêt)
de conserver leur charge leur vie durant. Comme eux, les vassaux
cherchent à rendre leurs bénéfices héréditaires.
Abbés et évêques sont pratiquement indépendants
sur leurs terres.
Les
dernières grandes invasions
Ce processus de dissolution de l'autorité
royale est aggravé par les dernières grandes invasions.
Les Musulmans (appelés aussi Sarrasins), installés depuis le VII° siècle
en Afrique du Nord et en Espagne, lancent des raids sur la côte
méditerranéenne, occupant même des points
fortifiés jusqu'à la fin du X° siècle (La Chanson de Roland accuse les Sarrasins de la mort de Roland).
Dès 840, les Vikings venus de Scandinavie remontent avec
leurs drakkars les grands fleuves (Seine, Loire, Garonne, Rhône)
et pillent cités et monastères de l'arrière-pays.
A la fin du IX° siècle, ce sont les Hongrois - peut-être
les ogres de notre folklore - qui ravagent le territoire, avant
d'être repoussés, au siècle suivant, par
le roi de Germanie.
Une dynastie d'Île de France s'impose aux dépens des Carolingiens
Alors que les parties méridionales de Francie occidentale
sont de plus en plus délaissées par les rois carolingiens,
les échelons régionaux du pouvoir sont mieux à
même d'assurer la défense et la protection des populations.
Dès le début du X° siècle, alors que
l'Empire carolingien disparaît, les comtés sont
regroupés entre les mains de princes territoriaux, qui
prennent le titre de ducs ou de marquis, et qui exercent toute
la puissance publique. Parmi ces grands, le duc d'Aquitaine,
le duc de Bourgogne ou encore le duc de Normandie, après
l'abandon par le roi carolingien, en 911, de la région
de Basse-Seine à des Vikings, les "hommes du Nord",
devenus Normands...
Parmi ces grandes familles, il faut signaler les Robertiens,
qui contrôlent les comtés entre Seine et Loire.
Dès la fin du IX° siècle, ils fournissent des
rois : l'hérédité du souverain carolingien
ne s'impose plus aux princes et aux évêques du royaume
qui se sentent assez forts pour élire de temps à
autre un Robertien.

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Monogramme d'Hugues
Capet, sur un diplôme du 20 juin 989. Archives nationales, Paris |
En 987, quand le dernier Carolingien
meurt sans héritier direct, c'est le Robertien Hugues
Capet qui est élu. La même année, il associe
au pouvoir son fils. Une nouvelle dynastie était née
: celle des Capétiens. Elle se prolongera jusqu'à
la Révolution. |