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La Gaule et la romanisation

 

La vie des enfants en Gaule romaine

La vie des enfants en Gaule romaine

Vivre comme les Romains

Vivre comme les Romains,
De la Martinière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La christianisation

 

 

 

 

 

Civilisations grecque et romaine

 

 

 

 B) Les Gallo-Romains : une symbiose ethnique et culturelle

La conquête romaine a entraîné (outre morts et dévastations) des bouleversements considérables : une romanisation des pays celtes, partie intégrante de l'empire romain.

  • l'armée construit un dense réseau routier qui unifie le territoire des Gaules. Les camps permanents des soldats sont parfois à l'origine de villes (Strasbourg, en arrière du limes sur le Rhin). Des vétérans sont installés sur des terres confisquées ou dans de nouvelles colonies romaines ;

  • de nombreuses villes sont créées (Autun à la place de Bibracte), d'autres agrandies, surtout dans le sud. Elles sont toutes unifiées autour d'un urbanisme typiquement romain : un centre, le forum, où se croisent cardo et decumanus (les 2 axes principaux de circulation Nord-Sud et Est-Ouest), centre politique (curie, basilique) et religieux (capitole) de la ville ; des monuments urbains de pierre (amphithéâtre - à Lyon en 177 -, cirques, thermes, odéons, temples...), y compris dans des bourgs (vicus), y compris près de lieux de pèlerinage et de cultes celtes (sources). C'est une civilisation urbaine de l'ostentation (évergétisme), de la rhétorique (écoles municipales), du loisir (thermes, théâtres) à partir des surplus du commerce et de l'exploitation de la terre ;

    Maison romaine

    Vestiges de la maison dite " du buste en argent ", dans le quartier de la Villasse, sur le site de fouilles, à Vaison-la-Romaine (Vaucluse)

  • le culte impérial se diffuse, au niveau municipal (temple de la Maison carrée à Nîmes) et provincial (autel de Rome et d'Auguste à Lyon, avec les délégués des cités des Trois Gaules). Mais la conquête romaine a su s'appuyer sur les anciennes aristocraties gauloises pour durer et assimiler progressivement les différentes ethnies présentes en Gaule ;
     Maison carrée de Nîmes (oeuvre du XIX° siècle)

    La Maison carrée, les arènes et la tour Magne, à Nîmes (peinture d'Hubert Robert 1733-1808)

     

  • les élites gauloises font tout pour s'intégrer dans les couches dirigeantes de l'empire. Elles prennent des noms romains : intégrées à l'administration des Gaules, elles recherchent une promotion sociale et politique, et d'abord la citoyenneté romaine (accordée à tous les hommes libres de l'empire en 212, par l'empereur Caracalla). Pour la première fois en Gaule, une classe de riches industriels et commerçants prospère (les thermes de Paris financés par la corporation des armateurs de la Seine, les nautes) ;

  • une symbiose religieuse se manifeste : Sucellus, dieu au maillet typiquement gaulois, prend l'aspect du Jupiter romain. Le druidisme disparaît au profit des religions orientales, dont le christianisme. Implanté dans la vallée du Rhône au IIème siècle, il pénètre d'abord les villes (Lyon) puis les campagnes grâce au zèle d'évêques (dont le rôle est de plus en plus éminent dans la ville) comme St Martin (lire un épisode célèbre de sa vie), fondateur du monachisme en Occident. Jusqu'au III° siècle, le christianisme est persécuté, les fidèles refusant notamment le culte dû à l'empereur. En 313, l'édit de Milan de l'empereur Constantin tolère la nouvelle religion. A la fin du IV° siècle, l'empereur Théodose interdit les sacrifices aux dieux païens et les Jeux Olympiques et proclame le christianisme seule religion de l'empire ;

  • le latin se diffuse et supplante les dialectes celtes. "Le latin était probablement assez largement compris d'une bonne partie de la population dès le Ier siècle av. J.C. : les nombreuses inscriptions funéraires gravées à cette époque pouvaient être lues, sinon elles n'auraient pas eu de raison d'être. Cela prouverait qu'un enseignement primaire, destiné à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, dispensé par un maître d'école aux enfants de sept à onze ans, était généralement suivi. Ce n'était, en revanche, que les enfants de milieux plus favorisés qui suivaient, pendant quatre ou cinq ans, les cours plus approfondis des grammairiens. Ils pouvaient par la suite acquérir à l'université la culture indispensable à qui voulait faire une carrière publique en étudiant l'art oratoire et la rhétorique" (F. Beck et H. Chew, Quand les Gaulois étaient romains, Découvertes Gallimard, 1989).

Cette romanisation marque profondément le paysage par les villes, les ouvrages d'art (aqueducs), les villas (d'immenses exploitations agricoles et artisanales, qui placent dans la dépendance et la justice du maître des centaines de paysans libres ou esclaves), la cadastration du territoire.
Elle marque aussi durablement la civilisation : à partir du début du IV° siècle, colons et esclaves chasés entrent dans la dépendance du maître : les plus pauvres entrent dans le patronage des plus puissants, l'aristocratie gallo-romaine. Être paysan devient une condition héréditaire. En ville, l'obligation s'impose de reprendre le métier de son père. Il s'agit de fixer les individus sur le sol et dans leur condition pour faire face aux invasions et aux troubles sociaux (crise démographique et bagaudes - révoltes populaires - du III° siècle, fin IV° et début V°). Ces hommes libres qui recherchent la protection d'un "patron" et se mettent à son service, c'est la préfiguration du monde médiéval.