La
visite interactive d'une classe en 1900
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II) Le XIX° siècle, siècle des Révolutions A)
Révolutions politiques :
1) Du libéralisme politique La Restauration inaugure un régime de monarchie constitutionnelle d'un tiers de siècle, de 1815 à 1848. Le roi, rétabli, n'est pas un souverain absolu, puisque ses pouvoirs sont définis par un texte écrit qui les encadre : la Constitution. Pendant la Restauration (1815-1830), ces pouvoirs, exercés par les deux derniers Bourbons, Louis XVIII et Charles X, sont néanmoins considérables : refusant toute souveraineté du peuple, ils s'arrogent tout le pouvoir exécutif et s'attribuent l'initiative des lois. Pour en discuter, deux assemblées sont élues au suffrage censitaire très restreint. La politique très conservatrice de Charles X, sa volonté de contrôler la presse provoquent les " Trois Glorieuses ", les trois journées révolutionnaires de juillet 1830. La Révolution de 1830, qui voit l'apparition des barricades dans les quartiers populaires de l'Est parisien, porte au pouvoir un cousin du roi, le duc d'Orléans, sous le nom de Louis-Philippe ler. La Monarchie de juillet (1830-1848) consacre les conquêtes libérales de 1789 : la souveraineté nationale est rétablie, avec deux assemblées disposant du pouvoir législatif et élues au suffrage universel restreint. Le drapeau tricolore des orléanistes succède au drapeau blanc des légitimistes. Louis-Philippe, " le roi-citoyen ", s'appuie sur une bourgeoisie qui triomphe politiquement de l'aristocratie et du clergé (comme le banquier Casimir Périer ou l'historien Guizot) et sur la garde nationale, une milice bourgeoise qui réprime durement troubles sociaux et émeutes ouvrières (révolte des canuts de Lyon en 1831). La condition ouvrière est terrible : en 1841, la première loi sociale interdit le travail des enfants de moins de 8 ans, la journée de travail étant limitée à 8 heures jusqu'à 12 ans, à 12 heures jusqu'à 16... La Révolution de 1848 marque les limites du libéralisme politique et les aspirations à la démocratie. Certes, la monarchie constitutionnelle, sous Louis-Philippe notamment, a montré l'importance des débats parlementaires, l'habitude prise par les Assemblées de contrôler le gouvernement et notamment son budget et ses finances, mais cette vie politique intense ne concerne qu'une toute petite minorité. Certes, le libéralisme s'oppose au despotisme, mais il est alors essentiellement l'idéologie de la grande bourgeoisie : Guizot développe l'instruction primaire, en 1833 (lire le texte de sa loi), mais il rétorque aux partisans de l'élargissement du cens " Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne et vous deviendrez électeurs... "
2) ...à la démocratie Le Second Empire (1852-1870)
préserve le suffrage universel, mais n'est en aucun cas
un régime démocratique. Le droit de vote est dévoyé
dans le plébiscite et dans la désignation de candidats
officiels. Jusqu'en 1860, l'Empire est autoritaire, la presse
sévèrement contrôlée et l'opposition
musclée ou réduite à l'exil (Victor Hugo
à Jersey).
Ce libéralisme politique n'ignore plus la question sociale : en 1864, le gouvernement autorise la formation d'associations ouvrières et le droit de grève. Mais le régime n'est plus assez assuré pour résister à l'arrestation de l'empereur à Sedan le ler septembre 1870, par l'armée prussienne. Le 4 septembre, la III° République est proclamée à Paris par Léon Gambetta. La III°
République (1870-1940) connaît des débuts
difficiles, amputée de l'Alsace et du nord de la Lorraine,
menacée d'une restauration monarchique, avec une Assemblée
nationale et un chef du pouvoir exécutif (Thiers) installés
à Versailles, d'où part la terrible répression
des Communards républicains et socialistes (20 à
35 000 exécutions en mai 1871).
En mars 1871, la population républicaine et
ouvrière de Paris proclame une Commune insurrectionnelle contre
le gouvernement de Versailles qui a accepté la défaite du
Second Empire devant la Prusse. Des barricades s'érigent dans
toute la capitale. La répression de la Commune fait de 25 000
à 30 000 morts (dont des femmes et des enfants), 36 000 prisonniers
et 4586 déportés en Nouvelle-Calédonie (dont Louise
Michel) Proclamation de la
IIIe République le 4 septembre 1870. Peinture d'époque.
Musée Carnavalet, Paris Les principes du libéralisme
républicain posés, il faut leur donner corps. C'est
l'époque des grandes lois républicaines : 1881,
liberté de réunion et liberté de presse,
gratuité de l'enseignement primaire, sous l'influence
de Jules Ferry. Le chef du gouvernement fait voter en 1882 la
loi sur l'obligation scolaire de 6 à 13 ans ainsi que
la laïcité de l'enseignement public. Le
" ralliement " des catholiques et des conservateurs
modérés, à partir de 1890, consolide la
République. L'affaire Dreyfus (1894-1906) fait éclater
les forces politiques en deux blocs, une droite nationaliste,
cléricale, militariste et antisémite, et une gauche
attachée aux droits de l'homme, à la démocratie,
à la laïcité et au pacifisme. |
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