Du début des Temps modernes
à la fin de l'époque napoléonienne (1492-1815)
- le temps des découvertes : la planète
désormais accessible mais l'apparition d'une nouvelle forme
d’esclavage ;
- une autre vision du monde artistique, religieuse, scientifique et
technique ;
Renaissance et protestantisme : renouveau artistique venu d’Italie
et rupture de l’unité chrétienne.
- la monarchie absolue en France : Louis XIV et Versailles ;
- le mouvement des Lumières, la Révolution française et le Premier
Empire : l'aspiration à la liberté et à l'égalité, réussites et
échec
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I)
Un nouveau monde ouvert à la conquête européenne
Dès la fin du XIII° siècle, l'Occident chrétien
affirme sa totale domination sur la Méditerranée.
Naguère omnipotentes, les flottes arabes ont été
chassées de la Mer Intérieure par la marine des
cités marchandes italiennes (Pise, Lucques, Venise, Gênes,
Florence ... ), à la faveur des croisades.
Deux siècles
plus tard, c'est d'ailleurs un marin génois qui ouvre
l'Océan Atlantique et tout un Nouveau Monde à la
domination européenne : en 1492, les Temps Modernes débutent
et avec eux une suprématie européenne sur l'oikoumene
[pour les Grecs, c'est la partie du monde habité par les
hommes civilisés et non parcourue par les Barbares. En
géographie moderne, le terme désigne les espaces
de la planète habités en permanence et mis en valeur,
par opposition aux espaces pionniers (Grand Nord canadien, Extrême-Orient
sibérien, terres antarctiques)], qui durera jusqu'à
la Seconde Guerre Mondiale...
A)
Les Grandes Découvertes
Les Portugais sont dès le début du XV° siècle
les premiers grands explorateurs européens. Avec la diffusion
de la boussole, de l'astrolabe et des portulans,
malgré la terreur d'un inconnu toujours menaçant,
les navires portugais, soutenus par le prince Henri le Navigateur,
explorent progressivement toute la côte occidentale de
l'Afrique et finissent par passer le cap de Bonne Espérance,
en 1488, sous la conduite de Bartoloméo Dias.
Ce sont pourtant Ferdinand et Isabelle d'Espagne qui financent,
entre 1492 et 1502, les quatre expéditions du Génois
Christophe Colomb persuadé de pouvoir rallier les Indes
par l'ouest, dans l'espoir d'y convertir les
indigènes et d'en ramener de l'or.
Fondateur de la première
cité européenne du Nouveau Monde (Saint Domingue),
Colomb mourra dans l'ignorance d'avoir découvert un nouveau
continent qui portera le nom du navigateur italien Amerigo Vespucci
(il atteint les côtes du Brésil en 1499-1500 et
se persuade alors qu'il ne peut s'agir des latitudes indiennes).

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Mappemonde
d'Henricus Martellus, Allemand de Florence, vers 1489. C'est la
représentation du monde à l'époque de Christophe Colomb. Elle
intègre des informations récentes sur le sud de l'Afrique,
que vient de contourner Bartolomé Dias. |
En 1498, un autre Portugais Vasco de Gama atteint directement
les Indes par l'est en passant par le cap de Bonne Espérance.
Pour la première fois, des Européens n'ont plus
besoin des navires et de la science de la navigation arabes pour
atteindre parfums, épices, soieries et porcelaines d'Orient.
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Les cours
portugaise et espagnole financent les expéditions maritimes :
Bartoloméo
Dias franchit le Cap de Bonne Espérance en 1488, Christophe Colomb
atteint les Caraïbes en 1492, Vasco de Gama les Indes en
1498. |
En 1519-1522, l'expédition portugaise de Magellan effectue
le premier tour du monde, prouvant de façon irréfutable
la sphéricité de la Terre (établie par les
Grecs, dont la science féconde tout le Moyen Age, elle
n'a jamais été remise en cause que par certains
théologiens. Pour Aristote comme pour les lettrés
chrétiens, l'univers est un système de sphères
emboîtées les unes dans les autres : seule la représentation
de la Terre dans l'univers est plate, puisqu'il s'agit alors
d'un disque). |