L'affirmation du pouvoir capétien (XII°-XV° siècles) |
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Scène du couronnement de Louis IX en 1226. Miniature des Grandes Chroniques de Saint-Denis, XIV° siècle. Musée Condé, Chantilly |
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I) En trois siècles, A) Du morcellement féodal La longueur du règne de Louis
IX (1220-1270), l'affirmation européenne et méditerranéenne
de son pouvoir, l'essor économique et urbain du royaume
ont permis aux historiens d'identifier ce roi chevalier, chrétien
et croisé au XIII° siècle, apogée du
Moyen Age. Cette autorité rayonnante du roi de France
provient de l'effort constant, obstiné, de la dynastie
capétienne qui, depuis les débuts du XI° siècle,
tente à la fois d'agrandir le domaine royal et de contrôler
toute la pyramide féodale.
Dès lors, le roi capétien n'a de
cesse de réduire la puissance d'Henri Il Plantagenêt
et de ses fils, ses vassaux rebelles pour leurs possessions françaises
: conquête de la riche Normandie contre Richard Cur
de Lion (à l'issue du terrible siècle de Château
Gaillard, en 1204, le dernier cas d'anthropophagie attesté
en France), victoire de Bouvines en 1214 contre l'empereur germanique
et Jean Sans Terre, grâce au soutien des milices bourgeoises
des villes de Picardie, première émergence du sentiment
national français selon certains historiens (mais cette
victoire est ignorée au sud de la Loire).
A l'issue de son règne, Philippe II (consacré Auguste
au lendemain de Bouvines) est devenu le plus grand prince territorial
du royaume (avec le rattachement au domaine royal de l'Anjou
et du Mandois, en plus de la Normandie et du Maine). La guerre de Cent Ans, qui a paru menacer l'existence même du royaume de France, n'a pas interrompu cette extension du domaine et du royaume capétien. Si le royaume s'étend sur 313 000 km2 en 1328 (à la mort du dernier capétien direct, Philippe le Bel), il couvre 500 000 km2 à la fin du Moyen Age, au lendemain de la défaite anglaise de 1453. |
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